En France, malgré l’obligation légale pour la majorité des locataires et copropriétaires de souscrire une assurance habitation, environ 1,7 million de personnes vivraient sans couverture. Cette situation expose ces ménages à des risques financiers majeurs en cas de sinistre. L’augmentation persistante des tarifs, liée notamment à la multiplication des catastrophes climatiques, décourage une partie des foyers, notamment ceux en situation précaire, de contracter un contrat adapté.
Sommaire
Les chiffres clés de l’assurance habitation en France et les zones les plus touchées par l’absence de contrat
Au 1er janvier 2024, 797 000 résidences principales sur un total de 31,4 millions ne bénéficiaient d’aucune assurance habitation d’après France Assureurs. Avec une moyenne de 2,2 personnes par foyer, cela laisse supposer qu’environ 2,5 % de la population française n’est pas protégée. Ces données se traduisent principalement par une forte disparité géographique. Par exemple, à Marseille, près d’un locataire sur cinq ne serait pas assuré, ce qui représente un risque important sachant que plus de la moitié de la population marseillaise (54 %) est locataire.
Les régions les plus et les moins touchées par les prix de l’assurance habitation
Les tarifs d’assurance varient fortement selon les régions, en lien avec les risques locaux :
- Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) : la région la plus chère avec un tarif moyen de 280 euros/an (+13 %)
- Occitanie : environ 265 euros/an (+5,6 %)
- Île-de-France : 256 euros/an (+6 %)
- Bretagne : région la moins chère avec 198 euros/an (+4,8 %)
- Pays de la Loire : 200 euros/an (+1,2 %)
- Normandie : 208 euros/an (+5,7 %)
| Région | Tarif moyen annuel 2024 | Évolution par rapport à 2023 |
|---|---|---|
| PACA | 280 € | +13 % |
| Occitanie | 265 € | +5,6 % |
| Île-de-France | 256 € | +6 % |
| Bretagne | 198 € | +4,8 % |
| Pays de la Loire | 200 € | +1,2 % |
| Normandie | 208 € | +5,7 % |
Facteurs économiques et barrières à la souscription d’une assurance habitation adaptée
La principale raison évoquée par les foyers non assurés reste le coût croissant des contrats. Le tarif moyen a progressé de 13,5 % depuis 2020, atteignant 243 euros par an en 2024, soit environ 20 euros par mois. Sur l’année 2024, une hausse notable de 7,2 % a été enregistrée, la plus importante depuis 2010. Cette augmentation est liée à la multiplication des événements climatiques comme les inondations, tempêtes ou sécheresses ayant un impact financier direct sur les assureurs. Le cabinet Facts & Figures anticipe une hausse entre 8 et 12 % en 2025.
- Facteurs de hausse : événements climatiques, sinistralité accrue, cambriolages régionaux
- Facteurs dissuasifs : précarité économique, méconnaissance des obligations, démarches administratives complexes, défiance envers les assureurs
Les compagnies telles que MAAF, Matmut, Groupama, Aviva, Allianz, AXA, LMDE, Generali, et Swiss Life observent ces tendances et adaptent leurs offres avec des solutions pour les publics fragiles.
Exemples d’hésitations liées au coût
À Marseille, où le taux de pauvreté atteint 25 %, cette progression tarifaire dissuade une part significative des locataires de souscrire une assurance habitation, malgré l’obligation légale. Dans certains cas, la crainte de non-indemnisation, jours ouvrés pour les démarches ou la complexité administrative freinent également la souscription. Une précarité qui alimente le cercle vicieux du non-couvert exposé à un risque potentiel très élevé.
Les risques financiers et légaux du défaut d’assurance habitation pour les particuliers et copropriétés
Ne pas être assuré condamne l’occupant à assumer seul l’intégralité des frais en cas de sinistre, avec des montants pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros. L’assurance multirisques habitation (MRH) garantit une couverture complète des risques essentiels :
- Incendie
- Dégâts des eaux
- Explosion
- Vol et bris de glace
La responsabilité civile, incluse dans la plupart des contrats, protège aussi contre les préjudices causés aux tiers. Sans cette protection, l’assuré encourt des conséquences financières lourdes ainsi que des risques de résiliation du bail, notamment pour les locataires.
| Conséquences du défaut d’assurance habitation | Impact pour le foyer |
|---|---|
| Assumer tous les coûts d’un sinistre | Risque d’endettement à long terme |
| Absence de prise en charge du bailleur | Possibilité de résiliation du contrat de location |
| Responsabilité civile non couverte | Obligation d’indemniser les tiers en cas de dommages corporels ou matériels |
| Manque de couverture pour les biens mobiliers et immobiliers | Perte financière majeure |
Dans les copropriétés, l’absence d’assurance collective expose le syndicat à des dommages financiers pouvant atteindre plusieurs millions d’euros en cas d’accident grave. David Rodrigues de la CLCV souligne que certains syndicats ignorent toujours leur obligation d’assurer l’immeuble, ce qui peut avoir des impacts majeurs sur la sécurité et la protection juridique des copropriétaires.
Initiatives municipales et solutions pour faciliter l’accès à l’assurance habitation
Pour faire face à cette situation, plusieurs collectivités ont mis en place des contrats conventionnés d’assurance habitation, offrant aux ménages modestes des tarifs préférentiels et des garanties renforcées. Marseille rejoint ainsi des villes comme Paris, Grenoble, Montreuil, Lille, Tourcoing, et Créteil dans ce dispositif.
- Critères d’éligibilité : revenus modestes, inférieurs aux plafonds PLUS (23 200 € pour une personne, 44 500 € pour un couple avec deux enfants)
- Réduction des tarifs de 10 à 30 % par rapport aux contrats classiques
- Amélioration des garanties et franchises adaptées pour une meilleure protection
- Communication active de la mairie pour sensibiliser et diffuser cette offre
Le dispositif repose sur une convention avec plusieurs assureurs, facilitant des propositions groupées à grande échelle. Cette démarche vise à limiter le renoncement à l’assurance lié au coût. La mairie de Marseille incite notamment à souscrire des formules auprès d’acteurs tels que MAAF ou Allianz pour ces offres conventionnées.
Autres solutions : l’assurance pour compte
L’assurance pour compte permet au bailleur de contracter une assurance habitation à la place du locataire défaillant, une procédure prévue par la loi Alur de 2014 mais peu appliquée dans le secteur privé. Cette option garantit une couverture minimale des risques et permet un recouvrement des coûts via le locataire, parfois assorti d’une indemnité de 10 % pour les démarches effectuées.
- Utilisée principalement par certains bailleurs sociaux
- Permet de réduire l’absence de couverture dans le parc locatif
- Reste marginale malgré son efficacité reconnue
Sans intervention pour contenir la montée des prix, la part des foyers non assurés pourrait continuer à croître, fragilisant la protection de nombreux ménages face aux sinistres.

Je m’appelle Patrick Phaneuf, passionné de véhicules électriques. J’ai toujours aimé l’innovation, mais ce qui m’a marqué, c’est la première fois qu’une voiture a roulé sans bruit. L’électrique, c’est le futur, mais aussi un peu de poésie.










