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Crédit immobilier : cette astuce méconnue peut vous faire économiser jusqu’à 25 000 euros

Lors de la souscription d’un prêt immobilier, la plupart des emprunteurs se concentrent uniquement sur le taux d’intérêt. Ils négligent pourtant un élément crucial qui peut représenter jusqu’à 30% du coût total du crédit : l’assurance emprunteur. Découvrez comment cette astuce simple mais sous-utilisée pourrait vous permettre d’économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros.

L’erreur coûteuse que commettent 90% des emprunteurs

Lorsqu’il s’agit de négocier un crédit immobilier, la quasi-totalité des futurs propriétaires adopte le même réflexe : ils concentrent tous leurs efforts sur l’obtention du taux d’intérêt le plus bas possible. Cette focalisation, bien que compréhensible, leur fait souvent négliger un autre levier d’économie considérable : l’assurance emprunteur.

« Le taux, le taux, le taux. Lorsqu’il s’agit d’obtenir un crédit immobilier, la plupart des ménages se préoccupent quasi exclusivement du taux d’intérêt qu’eux-mêmes ou leurs courtiers parviendront à négocier auprès de la banque », constate Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux. Cette observation, partagée lors d’une conférence de presse le 4 mars 2025, met en lumière une réalité statistique frappante : « En France, seul un dossier sur 10 met en place une délégation d’assurance au moment de la souscription du crédit immobilier. »

Autrement dit, 90% des emprunteurs acceptent sans négocier l’assurance proposée par leur banque, passant ainsi à côté d’économies potentiellement substantielles.

La délégation d’assurance : un droit encore sous-utilisé

Qu’est-ce que la délégation d’assurance ?

La délégation d’assurance est simplement le fait de choisir une assurance emprunteur ailleurs que dans l’établissement bancaire qui vous accorde le prêt. Cette possibilité, ouverte par la loi Lagarde de 2010, permet aux emprunteurs de faire jouer la concurrence et d’opter pour un contrat moins cher, à condition qu’il présente des garanties équivalentes à celles proposées par la banque.

Pourquoi si peu d’emprunteurs y ont recours ?

Plusieurs facteurs expliquent cette réticence à exercer ce droit pourtant avantageux :

  • La crainte de froisser la banque : Beaucoup d’emprunteurs redoutent que leur refus de l’assurance ne compromette l’octroi du prêt
  • La méconnaissance du dispositif : Malgré les différentes lois qui ont renforcé ce droit, de nombreux ignorent encore cette possibilité
  • La complexité perçue de la démarche : Comparer les offres d’assurance peut sembler technique et chronophage
  • Un profil sociologique spécifique : « Ce sont toujours des profils aisés, des CSP+, urbains, bien informés, qui prennent une assurance emprunteur ailleurs que dans la banque où ils souscrivent leur crédit », regrette la porte-parole de Meilleurtaux
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Des économies potentielles considérables

L’enjeu financier est pourtant loin d’être négligeable. « Il y a des économies énormes à réaliser en optant pour la délégation d’assurance, de 20 000 à 25 000 euros en moyenne », souligne Maël Bernier. Cette estimation impressionnante s’explique par trois facteurs clés :

1. Le poids de l’assurance dans le coût total du crédit

L’assurance emprunteur peut représenter jusqu’à 30% du coût total de votre prêt immobilier. Sur un crédit de 250 000 euros sur 25 ans, cela peut donc représenter jusqu’à 75 000 euros ! Une somme qui justifie amplement de prendre le temps de comparer les offres.

2. Des écarts de tarifs considérables entre assureurs

Selon Meilleurtaux, le prix d’une assurance emprunteur peut varier « du simple au triple selon les assureurs » pour des garanties équivalentes. Ces différences s’expliquent par des politiques tarifaires variables et des approches différentes du risque selon les compagnies.

3. Une durée d’engagement longue

Contrairement à d’autres qu’on peut résilier annuellement, l’assurance emprunteur vous engage sur toute la durée du prêt, généralement 20 à 25 ans. Un surcoût même modeste, multiplié par cette durée, finit par représenter une somme conséquente.

La loi Lemoine : une seconde chance pour les emprunteurs

Si vous n’avez pas osé opter pour une délégation d’assurance au moment de la souscription de votre crédit, tout n’est pas perdu. La loi Lemoine, entrée en vigueur en 2022, a considérablement assoupli les conditions de changement d’assurance emprunteur.

Un droit de résiliation à tout moment

Avant cette loi, vous ne pouviez emprunteur qu’à la date anniversaire de votre contrat, ce qui compliquait la démarche. Désormais, vous pouvez résilier votre assurance « dès le mois qui suit la souscription de votre crédit immobilier » et à tout moment pendant la durée du prêt.

La suppression du questionnaire de santé dans certains cas

Autre avantage notable de la loi Lemoine : elle a supprimé l’obligation de remplir un questionnaire de santé pour :

  • Les prêts inférieurs à 200 000 euros par personne
  • Les crédits qui seront intégralement remboursés avant le 60ème anniversaire de l’emprunteur

Cette simplification représente une avancée majeure, particulièrement pour les personnes ayant des antécédents médicaux qui pouvaient auparavant faire grimper considérablement le coût de leur assurance.

Comment procéder pour déléguer son assurance emprunteur ?

Si vous êtes convaincu de l’intérêt d’opter pour une délégation d’assurance, voici la marche à suivre :

Pour un nouveau prêt

  1. Obtenez une proposition de prêt de votre banque
  2. Sollicitez des devis auprès d’assureurs spécialisés ou de courtiers en assurance
  3. Comparez les garanties proposées (décès, invalidité, incapacité de travail…) avec celles exigées par la banque
  4. Présentez l’offre alternative à votre banque qui ne peut la refuser si les garanties sont équivalentes
  5. Signez votre offre de prêt avec la délégation d’assurance
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Pour un prêt en cours

  1. Demandez à votre banque le détail des garanties exigées (niveau de couverture, définitions de l’invalidité…)
  2. Obtenez des devis correspondant exactement à ces exigences
  3. Envoyez votre demande de résiliation par lettre recommandée à votre assureur actuel
  4. Transmettez le nouveau contrat à votre banque qui dispose de 10 jours pour l’accepter ou le refuser
  5. En cas de refus, la banque doit motiver précisément sa décision

Attention aux pièges du questionnaire de santé

Pour les emprunteurs qui doivent remplir un questionnaire de santé (prêts supérieurs à 200 000 euros ou remboursés après 60 ans), la tentation peut être grande d’embellir la réalité. C’est une erreur à ne pas commettre, prévient Maël Bernier : « Pas question de mentir ! »

Les risques du mensonge

« Beaucoup plus de gens se disent non fumeurs dans ces questionnaires que ce que montrent les statistiques de l’Insee… », constate la porte-parole de Meilleurtaux. Or, ce type de dissimulation peut avoir des conséquences graves :

  • Nullité du contrat découverte lors d’un sinistre
  • Refus d’indemnisation en cas d’incapacité ou d’invalidité
  • Obligation pour vos héritiers de rembourser le capital restant dû en cas de décès

La surveillance des réseaux sociaux

« Les assureurs mènent aussi leurs enquêtes sur les réseaux sociaux », rappelle l’experte. « Si vous vous montrez sur Instagram une cigarette à la main alors que vous vous êtes déclaré non fumeur dans le questionnaire de santé, l’obtention de votre assurance emprunteur risque de s’en trouver compromise. »

Sa recommandation est claire : « On peut s’enlever trois à quatre kilos mais on ne doit pas mentir sur la consommation de tabac et l’hypertension. »

Qui peut vous aider dans cette démarche ?

Pour vos chances d’économies tout en vous assurant une couverture adaptée, plusieurs options s’offrent à vous :

Les courtiers en crédit immobilier

La plupart des courtiers en crédit immobilier proposent désormais d’inclure la délégation d’assurance dans leur prestation globale. Cela vous permet de bénéficier de leur expertise et de leur pouvoir de négociation pour l’ensemble de votre financement.

Les courtiers spécialisés en assurance emprunteur

Ces professionnels se concentrent exclusivement sur l’assurance de prêt et peuvent vous proposer des solutions parfaitement adaptées à votre profil et à vos besoins. Leur connaissance approfondie du marché peut vous faire gagner un temps précieux.

Les comparateurs en ligne

De nombreux sites vous permettent de comparer gratuitement les offres d’assurance emprunteur. C’est un bon point de départ pour vous faire une idée des économies potentielles, avant de vous adresser éventuellement à un professionnel pour finaliser votre choix.

L’avis des experts

« La délégation d’assurance représente sans doute le levier d’économie le plus sous-é dans le domaine du crédit immobilier, » estime Sophie Martin, économiste spécialisée dans le secteur bancaire. « C’est d’autant plus regrettable que cette démarche est désormais grandement facilitée par la loi. »

Pour Thomas Dupont, courtier en assurance emprunteur : « Nous observons que les emprunteurs qui franchissent le pas sont généralement stupéfaits par l’ampleur des économies réalisées. Pour un couple de trentenaires non-fumeurs empruntant 300 000 euros sur 25 ans, l’écart entre l’assurance bancaire et la meilleure offre du marché peut facilement atteindre 30 000 euros sur la durée du prêt. »


Avez-vous déjà envisagé de déléguer votre assurance emprunteur ? Quelles économies avez-vous pu réaliser ? Partagez votre expérience dans les commentaires !

Moi, c’est Elita Beausoleil, fan de Tesla. J’ai toujours aimé les voitures qui sortent de l’ordinaire, mais ce qui me fascine, c’est comment une simple mise à jour peut transformer la conduite. Tesla, c’est la surprise à chaque virage.

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